Pour un homme politique d’un niveau donné, on ne peut pas se permettre de blatérer et de déblatérer dans tous les sens comme un goujat. On dit souvent que les mots représentent pour un homme politique l’arme de séduction la plus avancée et la plus perfectionnée. Pour convaincre, il faut raffiner son discours, pour attirer un public vers soi, il faut tenir un discours qui l’interpelle.Vous avez beau être milliardaire et faire l’aumône 20 fois par jour, si vous n’avez pas un discours qui enchante, des mots plaisants, ne soyez point étonné de vos scores lors des différentes compétitions électorales.

Heureusement que l’actualité internationale nous offre la chance de remarquer davantage l’influence de la communication dans le jeu politique. Aux Etats-Unis, le richissime Donald TRUMP illustre à plusieurs titres ce que nous venons de dire plus haut. Le monsieur avait tout pour réussir mais malheureusement il a un discours politique qui le condamne à l’échec avant même le début des élections.

Au lieu de collectionner des soutiens et de séduire, le candidat à la Maison Blanche collectionne bavures, dérapages et indignations ! A le suivre de prêt, on peut imaginer tout simplement que le monsieur choisit mal ses expressions et que tout ce qu’il affirme ne traduirait pas réellement ce qu’il a dans son cœur.  Malheureusement pour lui il en subira les conséquences car dans la vie politique tout ce qui est dit publiquement ou en privé est comptabilisé pour son auteur. Ceux qui ont compris pourquoi il faut soigner son discours politique parviennent facilement à séduire même dans les rangs des adversaires !

Ce qui n’est pas le cas de dame Isabelle AMEGANVI coutumière d’un langage grossier et mensonger comme c’est le cas d’ailleurs de ses compagnons du parti ANC. Comment voulez-vous séduire une couche sociale si dans vos discours vous utilisez des expressions et des mots qui heurtent la sensibilité ?  tchokoutou togo

« Je suis lessivée, ahurie, et épuisée par le comportement de nos collègues de UNIR qui nous faisaient croire à un moment sous un hangar d’une revendeuse de tchouk ». Des propos tenus par la député ANC le soir du vendredi 05 Août 2016. C’est scandaleux ces genres de propos venant d’un leader politique. Qu’est ce qui a pu la motiver à tenir un tel langage, susceptible de frustrer une partie de l’opinion ?  Ailleurs ces affirmations mériteraient des explications voire des excuses comme nous le soulignions plutôt dans cette publication  : « Isabelle Ameganvi doit des excuses publiques au peuple togolais ». 

On ne peut pas dans un pays comme le nôtre avec toutes ses réalités tenir un discours public sur un sujet aussi sensible en usant des métaphores aussi dangereuses que péjoratives. Isabelle AMENGAVI : les cabarets de tchouk ne sont pas ce que vous pensez qu’ils sont ! Les cabarets de tchouk représentent pour un peuple à forte tradition orale ce que représentent pour les occidentaux les salons de discussion. Se rendre dans un cabaret de tchouk ce n’est pas seulement aller et vider des calebasses de cette boisson. Le cabaret de tchouk c’est toute une forme de socialisation diront les ethnologues et sociologues. C’est le lieu par excellence, pour apprendre, échanger, familiarisé. Comme le soutient  l’universitaire  Cyprien Coffi AHOLOU dans un article scientifique intitulé « Construction identitaire et urbaine autour du cabaret à Lomé (Togo) »  paru dans la revue française  Hommes & Migrations 2010 (n° 1283)  : « les cabarets [de tchoukoutou] sont non seulement des espaces de socialisation des nouveaux migrants, mais également, du fait de leur fréquentation par des citadins originaires d’autres régions que le Nord, des lieux de visibilité du processus dialogique de reconnaissance dans la vie quotidienne. Dans cette optique, la consommation du tchoukoutou par d’autres communautés urbaines pourrait conférer à cette boisson une fonction de médiation, donc de rapprochement entre les diverses communautés urbaines de Lomé. Il s’agit d’un enjeu politique important dans les pays africains très jeunes où l’identité nationale est encore une construction instable.»

Qu’on ne vienne pas nous raconter de n’importe quoi, Isabelle AMENGAVI a besoin de quelques cours d’ethnographie et de sociologie si vraiment elle aspire gouverner un jour tout l’ensemble du Togo. Aussi il leur  faudra, elle et son parti, adopter une nouvelle posture dans leur manière de communiquer avec le public et dans leur manière de se représenter les autres communautés de ce pays. Une exhortation qui n’est pas très éloignée des rappels à l’ordre adressés à Donal Trump suite à ses dérives  envers la communauté  musulmane.


Le débat sur les réformes est devenu aujourd’hui, le sujet le plus discuté aussi bien chez les hommes politiques que  chez les citoyens ordinaires qui espèrent vivement leur réalisation pour accéder à une nouvelle ère où les règles de gouvernance ne relèveraient plus du hasard ou de l’improvisation, mais d’une législation claire et consensuelle à même de codifier les activités républicaines des gouvernants et des gouvernés.

L’enjeu qui entoure le débat sur les réformes est de taille et l’on comprend toutes les précautions prises autour du sujet depuis la proposition de loi introduite à l’Assemblée nationale par le pouvoir UNIR jusqu’à la dernière en date introduite par le couple ANC-ADDI, sans oublier l’atelier du Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) du 11 au 15 Juillet 2016. Isabelle AMEGANVI

On est là en politique et chacun joue sa carte, fait ses calculs. Le principe de rapport de force, comme c’est d’ailleurs le cas dans tous les parlements du monde, s’est encore fait sentir lors des débats en commission du 05 Août 2016 à l’assemblée nationale, obligeant les initiateurs de la proposition de loi à rabattre leur queue entre les pattes, non sans amertume, comme l’atteste le ton de la sortie tonitruante de Isabelle Améganvi, présidente du groupe parlementaire ANC, dans le point de presse qu’elle a fait la même soirée au sortir des débats à l’assemblée.

 Toute dimension gardée, le suivi de ce point de presse suscite une immense curiosité.

1- Les explications d’Isabelle Améganvi permettent d’établir que le couple ANC-ADDI dans les préparatifs de leur proposition de loi, ont pris seulement le soin de veiller à ce que leur procédure respecte l’esprit de l’article 144 de la constitution et le règlement intérieur de l’assemblée nationale. Aucune action de lobbying n’a été faite à l’endroit des députés des autres partis de l’opposition représentée à l’assemblée nationale, ni à l’endroit des députés UNIR qui constituent la majorité parlementaire. Or, il est de notoriété publique même dans les grands parlements du monde, que des sujets qui font l’objet de proposition de loi au parlement, sont préalablement discutés dans les couloirs avec les députés issus d’autres sensibilités pour leur faire prendre conscience du bien-fondé de la proposition de loi et si possible obtenir leur adhésion. Dans le cas d’espèce, la proposition de loi du couple ANC-ADDI n’a été portée que par 20 députés de l’opposition sur les 91 que compte l’assemblée nationale togolaise. L’ANC et l’ADDI étaient appelées à un travail d’approche pédagogique des autres députés d’autant plus qu’elles connaissent bien les réalités politiques et la configuration de l’assemblée nationale togolaise. L’absence d’une telle démarche ne peut que conforter l’hypothèse d’une action entreprise sans conviction ni espoir de résultat, juste pour le besoin de disposer d’arguments à brandir contre ceux qui traient souvent les députés ANC de fainéants qui siègent à l’Assemblée nationale sans prendre d’initiatives.

2- Me Isabelle Améganvi croit bien dire en relevant au cours de ses explications que la proposition de loi introduite par l’ANC-ADDI provient d’un consensus parce que l’APG n’a pas été signé hors consensus. Or, ce sont les mêmes responsables du CAP2015 qui ont passé leur temps à nous rabattre les oreilles au cours de leurs meetings que les dispositions de l’APG préconisent que les décisions doivent être prises de façon  consensuelle. Si l’APG était déjà un consensus comme le dit Me Isabelle Améganvi, comment peut-il encore recommander que les décisions au niveau des responsables politiques, soient prises de façon  consensuelle ?

L’analyse de ces deux éléments  du fond, nous amène à nous poser de sérieuses questions relevant juste du bons sens. Me Isabelle Améganvi, avocate de profession, de surcroît présidente du plus grand groupe de l’opposition à l’assemblée nationale ?

La connaissance des textes, la rigueur et l’éloquence dans la démonstration étant du ressort des avocats, l’exercice de Me Isabelle Améganvi a déçu plus d’un confrère au point de presse. La prestation était plus dirigée vers l’expression d’une rengaine personnelle qu’à donner des explications claires sur une situation qui devait être portée à la connaissance de la population. La démonstration était tellement abracadabrante, tant elle voulait dire plusieurs choses à la fois. Au finish, on s’est posé la question de savoir si elle-même arrive à se retrouver dans ce qu’elle dit. Au finish, nous sommes parvenus à comprendre la logique dans laquelle elle était, si non Nicolas Boileau-Despréaux n’a-t-il pas dit que « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément » ?

Dans un tel élan, les insanités ne se font généralement pas rares et elle avait fini par lâcher le morceau qu’il ne fallait pas : « Je suis lessivée, ahurie, et épuisée par le comportement de nos collègues de UNIR qui nous faisaient croire à un moment sous un hangar d’une revendeuse de tchouk ».

3- Ces derniers propos tenus loin d’être de simples paroles, représentent en réalité la carte de visite de dame Isabelle Améganvi qui s’efforce chaque jour que le bon Dieu fait à se donner une image très soignée sur les médias. Une image qui cache difficilement un corps physique qui a prêté asile à un esprit démoniaque fabriqué depuis l’époque de la conférence nationale souveraine, et dont les manifestations sont visibles auprès de ses captifs, pour peu qu’on y fasse attention. Chassez le naturel, il reviendra toujours au galop. C’est ce que l’on peut dire pour résumer ces propos empreints de xénophobie tenus par Isabelle Améganvi, une prétendue avocate, qui plus est présidente du groupe parlementaire le plus représentatif de l’opposition à la représentation du peuple. Loin de lui faire un procès, nous sommes simplement surpris que ces ressentiments ethnocentristes cultivés et entretenus depuis la conférence nationale souveraine par des pseudo-intellectuels débarqués d’Europe, subsiste encore en ce 21è siècle chez des personnes pas des moindres. On n’aurait pas fait attention à ces propos s’ils émanaient d’un citoyen habitant une de nos contrées perdues dans nos forêts ou savanes. Même là encore, les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les pouvoirs publics et les organisations de la société civile ont participé à faire évoluer les mentalités qui ne sont plus à ce stade. Si malgré l’éducation, l’instruction et la prise de conscience collective consécutive à la révolution dans le domaine de l’information et de la communication et aux enjeux de la mondialisation, si malgré tout cela Isabelle Améganvi se permet de tenir ce genre de propos qui en réalité constituent une insulte à l’endroit de certaines composantes du peuple, c’est bien la preuve qu’elle n’a aucun respect pour le peuple togolais qu’elle prétend représenter, et qu’elle ne mérite aucun des titres ronflants dont elle se prévaut.

Au demeurant, que maîtrise-t-elle des ambiances sous les pots de tchouk ? Ce n’est pas parce qu’elle n’en fréquente pas qu’elle doit développer du dégoût et manifester de la répugnance à l’endroit des pots de tchouk ! Sait-elle, Ô combien nombreux, les avantages que les clients tirent sous ces pots de tchouk ? A-t-elle une idée des réalisations, des corrections, des réconciliations, des inspirations, des arrangements, des règlements de conflits et que sais-je encore, rendus possibles sous les pots de tchouk. Blaise pascal avait donc raison quand il disait : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » ? Et ça c’était valable aux temps de Blaise Pascal où on ne parlait pas du monde comme d’un village planétaire. Aujourd’hui où les barrières et les frontières ont été levées, où l’espace n’est plus un mystère, il serait simplement idiot et stupide de continuer de tenir des propos comme si on était encore aux temps de Blaise pascal. Et là encore, Blaise pascal en tenant ces propos en son temps, avait pris une longueur d’avance sur ses contemporains qui ne voulaient regarder plus loin que le bout de leur nez. Un proverbe du terroir ne dit-il pas que « L’enfant qui n’a goûté d’autres plats que ceux de sa mère, pense que la cuisine de sa maman est la meilleure » ?

En tout état de cause, Isabelle Améganvi se doit de présenter des excuses publiques au peuple pour ces propos outrageux, à la limite blasphématoires qui jettent un regard condescendant et péjoratif sur tous ceux dont le tchouk représente un symbole dans la tradition. Elle doit savoir que la symbolique du tchouk va au-delà des simples scènes de plaisanteries qu’elle a souvent l’occasion d’observer de passage. Si seulement elle s’était donné la peine de s’ouvrir aux autres pour apprendre d’eux, elle aurait eu l’occasion de découvrir et de comprendre que, contrairement aux discussions houleuses et stériles qui ont souvent cours à l’assemblée nationale sur la question des réformes, un terrain d’entente aurait été déjà trouvé si les échanges entre les 91 députés se déroulaient sous un hangar autour d’un pot de tchouk.

Nous l’invitons, pour sa propre gouverne, à faire un tour dans un des nombreux cabarets de vin de palme dans son Kpélé natal. Elle aura sans nul doute l’occasion de découvrir dans ces cabarets qu’ils sont nombreux, ces citoyens togolais qui n’ont pas eu la chance de mettre pied à l’école mais qui, grâce au cumul de sagesse tirée des discussions de cabaret, sont capables de tenir un argumentaire assorti d’articles de droit, une chose dont sont incapables des avocats en droit.

Tchouk : Boisson locale chez le  peuple  Kabyè  dans le Nord Togo, faite à base du sorgho


Depuis quelques temps, l’opposition n’a plus  de  discours autre que les réformes, cette revendication  entre temps  mise en berne suite aux élections d’avril 2015. Aujourd’hui, cette antienne qu’on a que trop entendue dans notre  pays, est ainsi  ressuscitée et  répétée à longueur de journée par des hommes et des femmes qui, malheureusement, en ont une vision très étroite.

C’est quoi la réforme, qu’est-ce qu’on veut réformer et dans quel but, quel est l’avis de la population sur cette notion, qu’attend-elle de ces réformes ? Autant d’interrogations aux allures banales mais indispensables pour ne pas passer à côté des objectifs globaux de développement de notre Nation.Les réponses à ces questions sont donc essentielles et constituent un préalable avant de lancer la machine, si l’on ne veut pas enregistrer un nouvel échec comme ce fut le cas par le passé. Mais jusqu’à présent on note que la classe politique qui s’est appropriée la question, va de précipitation en précipitation et semble avoir une notion très réductrice de ce sujet pourtant très sensible des réformes.

En effet,  la réponse des politiciens qui revendiquent ces réformes se résume à la  limitation des mandats. « Dix ans au pouvoir, ça suffit. Faure n’a qu’à réformer la constitution et qu’il quitte le pouvoir », entend-on souvent les opposants ressasser sur les radios privées de Lomé et de l’intérieur du pays.

A comprendre que les réformes chez ces politiciens, c’est tout ce qui peut leur permettre d’arriver vite au pouvoir. Par le matraquage médiatique, ils sont donc parvenus à injecter dans la conscience populaire que les réformes à faire dans ce pays sont des réformes politiques liées presque exclusivement à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Depuis donc plus de cinq ans, ils en ont fait leur cheval de bataille et leur  combat  s’est  limité presque exclusivement à la recherche de la limitation de mandats. Ce qui, selon leur calcul, leur garantirait  à coup sûr  l’accession au  pouvoir. Un manque de vision politique !  De la naïveté à l’état brut !

La vie d’une Nation ne se résume pas seulement aux questions liées aux réformes constitutionnelles et institutionnelles quoi que celles-ci soient nécessaires pour adapter les textes et lois aux réalités temporelles. Mais cette question ne doit en aucun cas occulter d’autres sujets essentiels qui portent sur le devenir de la Nation. La vie d’un pays ne se  limite pas aux questions électorales. Les élections marquent certes les moments forts de la vie d’un Etat mais ces moments passés, la République poursuit son cours et les citoyens n’aspirent dès lors qu’à tout ce qui peut améliorer leurs conditions et soulager leur quotidien.

Sur la terre de nos aïeux, la donne semble être autre. Aucune journée ne passe sans qu’aucun leader politique ne monte au créneau pour vous parler politique avec son cortège d’élections  et de réformes comme s’il n’y avait dans ce pays que ça à faire. Tout se passe comme si les togolais n’avaient que ça comme soucis, comme si ces réformes-là traceraient nos routes, mettraient en valeur nos terres et régleraient nos factures d’eau et d’électricité  à la fin du mois.   Les réformes sont certes une nécessité dans tous les pays, on ne cesserait jamais de le dire. Et dans notre cas, nous avons vu des réformes se faire sur le plan économique et nous  en attendons davantage, nous avons vu des réformes se faire dans le domaine scolaire et autres mais on attend toujours d’autres réformes surtout au niveau de la justice et du foncier.

C’est là des chantiers où les réformes doivent s’opérer le plus vite car  chaque jour, ce sont des vies des togolais et togolaises qui sont en danger. Chaque fois, ce sont des conflits sanglants entre populations à cause de la terre. Au tribunal, ces litiges fonciers accablent les magistrats qui en profitent pour semer encore du bordel dans le domaine. Et c’est toujours le citoyen, le plus pauvre qui souffre.

Dans le domaine de la santé, c’est plus que des réformes qu’il faut à ce niveau. Sur le plan de l’éducation et de l’emploi, les togolais attendent également des réformes en profondeur pour adapter les formations aux besoins du marché et du terrain, trop de jeunes sortant de l’université avec des diplômes qui les condamnent au chômage de longue durée. Bref, nous pensons que nous avons besoin au Togo d’une classe politique plus « sociale » et plus humaniste.

Notre opposition se perd trop dans des discours vaseux et contradictoires et cache mal son égoïsme à force d’enjamber les intérêts communs des togolais pour proposer au peuple des schémas qui ont pour seule clé de succès, l’alternance à travers des élections après réformes. Il faut que l’opposition sorte de ce rêve pour commencer par s’intéresser à la politique de terrain, en s’attaquant aux sujets plus réels, qui concernent et intéressent le quotidien du togolais.

Il faut donc diversifier le discours politique : l’offre du politique togolais doit toucher les réalités sensibles. L’opposition a un grand rôle à jouer ; elle ferait œuvre utile si elle s’arrogeait systématiquement le devoir d’interpeller souvent la majorité sur des affaires qui intéressent tout l’ensemble des togolais.

Nous sommes en début de saison des cultures et aucun leader politique ne se soucie de la politique agricole du gouvernement, de la  politique de gestion des intrants du  pays. Et pourtant, le Togo est un pays essentiellement agricole. Il faut vraiment cesser de faire de la politique juste pour le plaisir de la faire. Il faut faire la politique en se rappelant qu’on le fait dans le but de faire avancer le peuple. C’est de l’ignorance que de parler seulement des réformes politiques alors qu’à côté, il y a des sujets préoccupants qui ne donnent pas de répit aux togolais.CAP 2015

 Le Togo a besoin d’avancer et de se développer. La décentralisation dont il est souvent  question est une bonne initiative. Mais avant de la lancer, il faudrait faire un travail de communication et d’éducation à l’endroit de la classe politique d’abord et ensuite à l’endroit de la population.

Des discussions sur ce sujet, il ressort que beaucoup n’ont pas la vraie information. Leurs discours sont très creux sur ce sujet alors que la décentralisation, tout comme les réformes, est une notion fondamentale pour notre Nation, un vaste chantier que ne cerne pas encore une grande majorité de la classe politique de notre pays. En témoignent les explications approximatives pour ne pas dire dévoyées, que certains responsables de l’opposition servent aux populations lors de meetings dits de sensibilisation et de mobilisation. Comment quelqu’un qui maîtrise mal les contours de la notion de réformes et de décentralisation peut-il prétendre aller sensibiliser les populations sur ces deux notions ?

Comme l’a souligné le Chef de l’Etat, il faudrait donner la parole aux universitaires, aux spécialistes de la question pour éclairer l’opinion sur l’importance des réformes dans le pays, comment procéder pour avoir de bons textes, quand le faire et pour quel objectif. Notre pays doit sortir des sentiers battus pour proposer un véritable travail cohérent qui prenne en compte les objectifs de développement. Oui, les réformes mais il faudrait des réformes réelles et objectives qui apportent un plus aux togolais, des réformes qui garantissent à nos générations à venir un Togo prospère et uni. Et pour le faire, il faudrait lancer un large débat qui dépasse le cadre étroit de la limitation des mandats.Pour y parvenir, il faudrait que chaque acteur politique accepte d’aller à l’école des réformes.La Nation togolaise a besoin des hommes et des femmes qui portent sur eux des ambitions nationales et non des ambitions personnelles.

 


C’est vrai, cent ans de colonisation, cent ans d’acculturation n’est pas une petite histoire que l’on pourrait facilement changer dans la vie d’un peuple !
L’œuvre du colonisateur a tellement fonctionné qu’elle a généré des hommes et des femmes parfaits qui exécutent sans défaut les ordres du Maître. Oui, depuis des années le peuple africain, le peuple noir a toujours été, aux mains des puissances occidentales, un objet traité comme tel.
Bien qu’ayant été « libérés », bien qu’ étant devenus indépendants, l’Afrique et ses enfants se sont toujours comportés en « sous-hommes » obligés de quémander leur existence auprès de ces mêmes puissances coloniales.

Alain Mabanckou  » François Hollande n’a pas validé l’élection qui s’est passée au Congo. » (Interview accordée à RFI le 12 mai 2016)

Plus de cinquante années après la décolonisation ces propos pourraient faire retourner nos grands-parents dans leur tombe.
L’Afrique serait-elle vraiment malade de ses propres fils ? Sans doute oui !Comment peut-il en être autrement si nous ne prenons pas conscience que l’indépendance qu’on prétend nous avoir accordé veut tout simplement dire qu’on est plus obliger de recevoir des ordres depuis l’Elysées, qu’on est plus contraint de se rendre à Paris ou à Bruxelles pour soi-disant chercher un hypothétique soutien !
En observant confusément l’évolution des processus socio-démocratiques des pays africains, surtout particulièrement ceux de l’espace francophone, on peut se rendre vite à l’évidence du rôle prépondérant et très souvent controversé joué par une capitale dans le choix des dirigeants africains : Paris.
Alain Mabanckou, le reconnait :
« La France, malheureusement, choisit ou décide qui pourra être le président de la République dans tel ou tel pays. »
Mais que fait-il dans ce cas pour que nos pays ne soient plus des sous-préfectures de la France ? Que fait-il donc pour que notre indépendance ne soit plus une indépendance littéraire ?
Manifestement rien ! Si ce n’est de continuer d’agir et de faire passer la France pour la « Plénipotentiaire » de l’Afrique noire.
Pourquoi une si grande importance accordée à un pays admis par tous comme  alors que nous réclamons et proclamons notre indépendance ?
Sommes-nous conscients que le joug sous lequel le peuple africain croupi depuis des années est simplement le fruit de notre « irresponsabilité » vis-à-vis de nous-mêmes ? Le fruit de l’« étourderie » de nos dirigeants politiques (de tous bord) et de nos intellectuels qui nous ramènent toujours à l’ère de la colonisation …
«…vous savez que les gouvernements africains ont toujours tendance à boire du lait dans les mamelles de la France… » Alain Mabanckou confiait-il à RFI,
Un moi après cette interview c’est ce même Alain Mabanckou qui est reçu, le 14 juin 2016, avec tous les honneurs dans le palais du Maître, celui-là qui a l’onction de vie et de mort sur l’Afrique.
Rencontrer François Hollande dans un cadre strictement privé sans lien avec la politique du Congo n’aurait déranger personne surtout pas moi puisque Alain est également citoyen français. Mais malheureusement ce qui s’est joué au palais de l’Elysée concerne le sort de tout les congolais et dans un sens plus large le sort des africains.
C’est vrai le peuple congolais fait face à un drame mais d’où vient -il ce problème qu’évoque Alain Mabackou ?
Pour ceux qui ont encore bonne mémoire, les propos de François Hollande, lorsque Sassou N’guesso a décidé de modifier la constitution de son pays, doivent encore résonner comme un coup de tonnerre dans le ciel démocratique congolais.

« Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre » François Hollande lors d’une conférence de presse à l’Elysée en octobre 2015.
Une phrase qui n’avait pas manqué de susciter le tollé sur le continent !
La France a parlé et la suite on la connait. Denis Sassou N’Guesso a été réélu au premier tour du scrutin présidentiel de mars 2016.
C’est devant celui qui a cautionné la candidature du Président congolais, que l’écrivain très éclairé et très inspiré se retourne pour chercher des solutions afin d’éviter au Congo un drame.

mabanckou-3Soit je suis dans les nuages, dans un autre monde et là j’accepte que je ne maîtrise rien de la politique des hommes sur la terre, soit je suis un humain, un terrien et je rejette le comportement, parfois malsain, de certains intellectuels, qui pensant lutter pour la libération de leur peuple, prolongent en réalité sa souffrance en allant se prosterner devant ceux-là qui ont intérêt que rien ne bouge. C’est faire preuve de naïveté que de penser que François Hollande qui a donné son avis favorable pour la modification de la constitution au Congo (en octobre 2015) puisse faire quoi que ce soit contre le Président Denis Sassou Nguesso.

Il en est de même pour les opposants africains qui dans leur combat pour la démocratie en Afrique ont fait de Paris ou de Bruxelles, leur base arrière. Pourquoi faut-il se rendre forcément à Paris pour préparer une compétition électorale ? Pourquoi faut-il forcément se retrouver à Bruxelles afin de jeter les bases d’une unité d’action de l’opposition.
Dans presque tous les pays africains francophones, c’est le mode de fonctionnement des leaders politique voire même de certaines sociétés civiles.
Non ! Détrompons-nous, la libération de notre continent, l’évolution démocratique de notre continent ne passera jamais par la France.
Aux peuples africains je dirais de prendre garde avec ces hommes qui trainent à chaque fois dans les couloirs de l’Elysée et du Quai d’Orsay pour avoir je ne sais quel soutien. Le seul qui vaille c’est celui du peuple ! Le soutien d’un autre ne fera que perpétuer notre consignation. Le combat politique pour notre libération doit se jouer ici en Afrique avec nos propres moyens. Il nous faut des vrais leaders qui soient totalement indépendants, des hommes politiques qui ne soient pas obligés de remercier la France pour services rendus en leur livrant nos ressources minières à de vils prix ! Des leaders qui ne soient pas contraints de récompenser « des amis », des intellectuels libres de tout engagement.
Il est temps d’opérer une véritable révolution intellectuelle. Les capitales occidentales ne sont pas un passage obligé pour prendre le pouvoir. Tant que nous continuerons à se rendre dans ces pays, tant que nous continuerons à faire de la parole de n’importe quel français, une parole d’évangile, nos pays seront toujours à la traîne. La solution à nos problèmes c’est ici sur le continent. C’est aussi entre nous. Ne vendons pas moins cher nos pays en pensant qu’on a des « amis en Europe » qui peuvent nous aider. C’est faux tout ça ! Après tout la vie c’est un combat, chaque espèce lutte pour sa survie. Chaque Nation lutte ainsi pour sa survie, et qui parle de lutte pour la survie fait appel à toutes les conduites possibles, même celles les plus inimaginables.


Il y a manifestement au Togo, parmi ceux qui disent s’inscrire dans la lutte démocratique, trois groupes de personnes. Ceux qui font quelque chose, ceux qui ne font rien et ceux qui se contentent de torpiller tout ce que font ceux qui, eux au moins, prennent quelques initiatives. Quel que soit ce que fait chacun, le résultat est là ; rien ne semble bouger et le pouvoir, en face, a le temps de dérouler tranquillement son plan de conservation du pouvoir.ALTER

Samedi 21 mai dernier, la coalition politique CAP 2015 et ses partenaires ont organisé à Lomé une marche pour réclamer les réformes politiques promises par Faure Gnassingbé depuis dix ans. Ebranlée à partir de Kodjindji, dans le quartier Bè, comme d’habitude, pourrait-on dire, la colonne de milliers de manifestants a arpenté les rues du centre-ville de Lomé avant de chuter à la plage. Les organisateurs avaient annoncé vouloir se diriger en face de la Présidence, mais ils devront se contenter de la Place dite du Changement, non loin tout de même de la Présidence. Plusieurs interventions ont été enregistrées et celle, peut-être la plus attendue, de Jean-Pierre Fabre, Chef de file de l’opposition et président de l’Alliance nationale pour le Changement (ANC), principal parti du CAP 2015, qui va annoncer une prochaine marche sur le 04 juin prochain. Encore ? Se demandent plusieurs analystes. Retombe-t-on dans les mêmes scenarios classiques : marches Kodjindji-Plage sur plusieurs mois ?

Beaucoup de personnes, souvent au service du pouvoir, tournent en dérision les nombreuses marches organisées par le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement, (FRAC) portée essentiellement à l’époque par l’UFC dont les membres créeront plus tard l’ANC. Il faut dire que la plupart de ces railleurs sont dans un rôle de démobilisation. Mais il y a une vérité à considérer dans ces railleries, ni le FRAC, ni le CAP 2015 ne sont arrivés à obtenir satisfaction après leurs nombreuses marches. Au départ pour réclamer la victoire de la présidentielle de 2010, les marches ont eu, plus tard, d’autres objectifs dont les réformes. La dernière, pour les réformes était très attendue. La toute première marche, après la présidentielle d’avril 2015 (en dehors de quelques tentatives non abouties), la marche de la dernière fois était très attendue, par les militants et, probablement aussi, par le pouvoir qui, lui, aurait voulu avoir une idée de la capacité de mobilisation de l’opposition après plusieurs déconvenues ces dernières années faites surtout de graves divisions internes. Elle a eu lieu, cette marche. Sans anicroches majeures. Aucun affrontement, aucun gaz tiré, aucun blessé, aucun pneu brûlé…Et puis après ?

Si tant est que l’objectif des manifestations de rue est de pousser le pouvoir si récalcitrant à enfin tenir parole, il ne suffira pas de mobiliser quelques milliers de personnes, les faire marcher dans les rues de Lomé pour obtenir les réformes. Tout le monde le sait, et les organisateurs des marches ne devraient pas feindre de le savoir. Même les évêques ont reconnu dans leur dernière lettre la nécessité parfois de « secouer » le régime pour lui faire concéder des avancées au profit des populations. Le rapport de force actuel est si favorable au pouvoir qu’il a le temps de faire des diversions et narguer les opinions nationale et internationale toutes favorables à la démocratisation et à la modernisation de nos institutions publiques par les réformes. Se contenter de marches qui ne dérangent absolument personne et qui n’ont d’écho que sur les itinéraires pratiqués par les manifestants et que certains vont jusqu’à qualifier même de footing de week-end, ne résoudra pas les problèmes posés. Il faut bien plus que cela. Tout le monde le sait. Autrement, les difficultés actuelles de l’opposition à mobiliser continueront à se renforcer tant qu’elle ne propose rien d’efficace et de limité dans le temps.

Depuis un quart de siècle les Togolais se mobilisent autour de l’opposition. Si aujourd’hui la lutte n’a pas abouti, ce n’est pas la faute du peuple qui en a payé tous les prix (même en vies humaines). Si la lutte en est encore là, c’est essentiellement et surtout dû aux incohérences, inconséquences, interminables transhumances, coup bas, sournoiseries, arrogances… des hommes politiques de notre pays. Alors que la situation de la population se dégrade et que les rares avancées démocratiques s’érodent, plusieurs ex-leaders, eux, sont aujourd’hui au frais et au beurre. Et depuis des années, rien de nouveau n’est proposé par la classe politique de l’opposition.

Et les mobilisations de rue ont sérieusement commencé par s’émousser. Il faut le dire, c’est de plus en plus pénible pour l’opposition de se faire rejoindre dans la rue par des masses de plusieurs dizaines voire centaines de milliers de personnes. L’attitude du CAP au lendemain de la présidentielle n’a pas contribué à améliorer les choses. Alors que les militants attendaient une réaction prompte des responsables du CAP, à la hauteur de la provocation de la bande à Taffa Tabiou à la Ceni, les leaders ont préféré se murer dans un silence pour se contenter quelques semaines plus tard d’un rapport, sans incidence aucune sur le processus électoral.

Les enjeux politiques de l’heure sont si importants qu’ils ne doivent plus être abordés avec la légèreté de ces dernières années. Autrement, autant s’abstenir de continuer par mobiliser les populations, sans résultats. Il y a la question des réformes qui devront régler définitivement celle de la dévolution du pouvoir dans notre pays et bien de questions comme celles du fonctionnement de nos institutions (Justice, Haac, Cour des Comptes, etc.). Il y a la question, non moins importante et qui n’est pas totalement distincte de la première, des locales qui devront, elles, propulser le développement des différentes localités du pays. C’est de la vie de millions de Togolais résidant au Togo ou dans la diaspora qu’il s’agit. On a assez badiné pour continuer par prendre des initiatives sans issue ou annoncer des actions dont on est pertinemment sûr qu’elles n’aboutiront à rien du tout. Il est temps de créer un vrai rapport de force et aller jusqu’au bout de l’épreuve pour contraindre le régime, à prendre la mesure de la gravité de dont il est question.

Et ceux qui ne font rien ou les torpilleurs ?

Dans le lot de ceux qui ont la prétention d’agir dans l’espace au Togo, il y a une catégorie spéciale : celle de ceux qui ne font rien et qui se contentent de torpiller les initiatives des autres. Dans cette catégorie, il y a les minuscules partis qui se savent incapables de mobiliser dix personnes dans une quelconque manifestation de rue, pour réclamer jusqu’à obtenir un quelconque résultat. Totalement incapables de s’offrir loyalement les moyens de leurs ambitions, et dépourvus de la vertu fondamentale d’humilité qui demande qu’on soit disposé à faire des concessions lorsqu’on est appelé à faire équipe avec d’autres, qui sont surtout plus forts que soi, ils se livrent à du chantage politique et surtout torpillent toute initiative venant de leurs anciens camarades. Leur position est classique : se cacher derrière des alibis qu’on présente comme des critiques avec pour objectifs de semer la confusion dans les esprits.

Ils sont surtout caractérisés par l’inaction totale. La preuve, depuis la dernière présidentielle, un silence de cimetière s’est installé dans les quartiers généraux des partis, en dehors de quelques murmures et de commérages de bas étages. Et il a fallu que le CAP 2015 annonce une reprise de ses manifestations pour que de pseudo-opposants trouvent des occasions de faire le tour des médias ou multiplient des déclarations pour saper la mobilisation. Plusieurs d’entre eux, possédés, comme un esprit, par l’envie, ne supportent pas de voir l’ANC (qu’ils voient derrière le CAP 2015) prendre et réussir une quelconque initiative. Que l’initiative soit salutaire ou pas, leur logique est claire : y mettre du sable. Souvent, leur combat contre les forces démocratiques qui incarnent le mieux les aspirations du peuple n’est qu’un appel du pied au pouvoir, dans l’espoir d’une suite favorable. Tout cela, au détriment de la lutte démocratique au Togo. Ces partis et leurs pseudo leaders font de la sous-traitance pour le pouvoir RPT-UNIR.

S’il y a actuellement des détracteurs de la lutte au Togo, ce sont surtout ces pseudo-opposants qui, pour leur ventre et leur confort personnel, sont prêts à tout, et le peuple prend acte de tous leurs agissements. Naïvement, dans leur logique, ils croient dur comme fer que l’alternance n’est pas pour demain et que leur va-et-vient est sans éventuel risque pour eux. Du coup, ils ne se privent de prendre des postures bizarres, même les plus ignobles possibles. Sauf que, eux et leurs commanditaires peuvent avoir tout prévu. Mais le peuple a toujours le dernier mot. Et tout peut arriver à tout moment. Comprenne qui pourra.

Mensah K. (L’ALTERNATIVE)


Depuis quelques jours, la presse privée togolaise est rentrée en effervescence après des réactions de certains responsables de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) qui ont jugé nécessaire de monter au créneau pour dénoncer les premiers pas du gouvernement dans la réalisation de la décentralisation notamment, la création de quatre nouvelles préfectures et la récente rencontre du Chef de l’Etat avec les chefs traditionnels. 

Avant toute chose, il urge de dénoncer une fois encore, le rôle aliénateur que joue aujourd’hui la presse togolaise qui, prise dans les travers de la recherche du gain facile et des bonnes grâces, désinforme, instrumentalise et embrigade les mentalités sans le moindre pincement au cœur lorsque vient le moment de faire un examen de conscience sur la portée éthique et pédagogique de tout ce que l’on sert au public.
Sans vouloir m’ériger en donneur de leçon, ‘revenons à nos moutons’.
Il nous en souvient que les premières informations sur le projet de décentralisation au Togo ont été portées à la connaissance de l’opinion par le truchement de la presse qui les détenait des responsables de l’ANC, notamment de Jean-Pierre Fabre qui, en sa qualité de chef de file de l’opposition, avait été approché à ce sujet lors d’une rencontre informelle, par Payadowa BOUKPESSI, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales.
A ce qu’on sache, cette rencontre était destinée à partager avec Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, les préoccupations du Gouvernement concernant la question de la décentralisation. Une démarche noble qui témoigne de la volonté du pouvoir togolais d’agir selon les principes qui guident le fonctionnement des institutions que nous nous sommes librement dotés. Une démarche qui ne laisse pas de place à la suspicion quant à aux rumeurs et accusations sur un prétendu passage en force.
En accordant à Jean Pierre FABRE le privilège d’accéder aux informations et de discuter de la question de la décentralisation en général et en particulier des élections locales avec le ministre de l’Administration territoriale, le gouvernement a joué sa partition et accompli en toute loyauté ses obligations vis-à-vis du chef de file de l’opposition.
Il appartenait alors à Jean Pierre FABRE, en sa qualité de chef de file de l’opposition, de porter à son tour le contenu de ses échanges avec le Ministère au reste de la classe de l’opposition pour que des réflexions y soient menées en vue de formuler des propositions concrètes pour la bonne conduite du processus de décentralisation.
Nous estimons que c’est ainsi que les choses devraient être faites. Malheureusement, le Chef de file de l’opposition a oublié qu’il représente non seulement son parti mais aussi l’opposition toute entière et qu’à ce titre, il avait l’obligation de partager avec ses pairs et camarades de lutte, le contenu de son échange avec le gouvernement sur la question de la décentralisation.
S’il doit jouir allègrement de ses avantages de chef de file de l’opposition, Jean Pierre FABRE ne devrait pas s’amuser à se soustraire de ses obligations vis-à-vis des autres composantes de l’opposition qu’il est censé représenter. Quand on est le premier responsable d’une institution étatique, la logique républicaine nous oblige à servir sans chercher à savoir si les citoyens bénéficiaires de nos services sont de notre bord politique ou non. Ce n’est pas parce que l’exercice de son rôle de chef de file de l’opposition l’amène à traiter avec des personnes dont les idéologies politiques ne concordent pas avec celle de l’ANC que Jean Pierre FABRE doit les écarter des sujets d’intérêts communs. Ce simple exercice de chef de file de l’opposition doit l’amener à réaliser la violence que les tenants du pouvoir, qu’il combat depuis on ne sait combien d’années, se font régulièrement dans la gestion quotidienne des desiderata, des caprices et des sautes d’humeurs qu’il se permet au nom de la loi instituée.
 Jean Pierre FABRE a du chemin à faire car le manteau qu’il porte est très grand et exige de lui assez de charges, assez de responsabilités. Le statut de chef de file de l’opposition dans le contexte politique togolais actuel, est une véritable aubaine à saisir pour rapprocher et consolider toute l’opposition autour des questions essentielles et urgentes liées au développement de notre pays.
La décentralisation est un sujet très important qui mérite l’effort d’analyse de tous.
Ainsi, faut-il parfois cesser de faire dans le sensationnel comme le politique nous a souvent habitués à le voir chaque fois qu’il est question d’élections dans notre pays. Les élections locales constituent une étape importante dans la décentralisation. Si à bien d’égards elles peuvent être considérées comme l’alpha de la décentralisation, elles ne sauraient en être l’oméga. Ce n’est pas seulement une affaire de partis politiques mais aussi une question de développement impliquant tous les acteurs de la vie socio-politique et économique. Les gesticulations actuelles observées autour de la rencontre du chef de l’Etat avec les chefs traditionnels et sur l’érection de nouvelles préfectures dénotent d’une fausse compréhension de la décentralisation et il urge d’ôter le plus vite possible des esprits cette compréhension erronée de la décentralisation.
Pourquoi pense-t-on d’emblée que discuter avec les chefs traditionnels togolais sur la décentralisation est un non-lieu ? Pourquoi pense-t-on que l’opposition détient un certain monopole sur la décentralisation alors qu’au même moment, le chef de file de l’opposition lui-même approché, n’arrive pas à prendre ses responsabilités pour organiser les siens et arrêter une stratégie d’approche ?
Tout comme le gouvernement n’a pas cherché à contourner la classe de l’opposition sur la question de la décentralisation, de même, il se doit de prendre des contacts avec tous les autres acteurs intéressés par la question en vue de les mettre au même niveau d’information que les politiques.
Vouloir que la question de la décentralisation soit seulement discutée entre le pouvoir togolais et l’opposition, c’est chercher à pérenniser ce business politique qui a cours au Togo depuis les années 1990 jusqu’à ce jour où l’opposition ne peut présenter un seul résultat concret au peuple.
Le vouloir, c’est chercher, à la manière des esprits d’enfer, à hypothéquer indéfiniment le destin d’un peuple qui se bat pour sortir du joug de l’endormissement et de l’enlisement. Le vouloir enfin, c’est faire obstacle à l’émergence de forces alternatives à même d’aider le peuple à évoluer vers des horizons plus prometteurs.
Sinon, comment comprendre que le togolais qui est champion en matière de comparaison de son pays avec d’autres supposés plus avancés, puisse vite oublier le rôle prépondérant de la chefferie traditionnelle dans l’enracinement de la démocratie ghanéenne ?
Ceux qui défendent et revendiquent à l’opposition la primauté dans les discussions sur la décentralisation craignent simplement de se voir ravir la vedette par une société civile plus organisée, plus unie et plus entreprenante.

 


Augmentation des indemnités des députés togolais.
L’information qui était considéré comme une rumeur est aujourd’hui une clameur.
C’est vrai les députés togolais ont vu leur indemnité bondir.

De 700 000 Fcfa par mois  certains députés se sont retrouvés avec 1300 000. D’autres qui percevaient 900 000 Fcfa ont désormais 1500 000 Fcfa.

Ces nouvelles dispositions financières sont vielles de plus de trois mois déjà.
Curieusement aucun de ces concernés censés représentés le peuple et lui rendre compte régulièrement des affaires du pays n’a daigné lui rendre ce respect en portant l’information publique.  Ils sont passés à la caisse par trois fois de suites mais ils n’ont pas eu le réflexe citoyen d’annoncer au peuple que désormais ils sont rentrés eux aussi dans la catégorie de cette minorité qui …

Chose plus décevant, c’est le silence dans le camps des partis d’opposition présent à l’Assemblée. Aucun communiqué, aucun avis public sur le sujet. Comme quoi la bouche gavé n’a pas le temps de baragouiner.

N’eut été la sortie tapageuse (et cette fois ci salutaire) d’Abass KABOUA les togolais seraient toujours dans le doute quant à la véracité de l’information.  L’information étant au conditionnel et surtout que les concernés se refusaient à en parler publiquement.

Abass Kaboua au moins pour une rare fois a été d’une grande utilité pour les togolais. Il a véritablement mis les pieds  dans les plats. Ce qui a suscité une sortie tordue d’un radin de député.

Au lieu de faire amende honorable et reconnaître qu’ils ont manqué à leur devoir sur ce sujet, le vieux pépé Robert Olympio, député de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC)  au parlement pense que les togolais qui leur ont permis d’être au parlement sont jaloux d’eux. Pf !
Au micro d’une radio de la place après la tempête soulevée par Abass Kaboua, sans pudeur Robert OLYMPIO déclare :
« C’est une bonne chose cette augmentation. Dans la sous région, je crois que nous sommes les moins payés, allez au Ghana, ils (ndlr les députés ghanéens) ont une caisse noire qui leur permet par exemple de faire certaines choses dans leurs circonscriptions électorales. Au Bénin, on paie presque le double de ce qu’on nous paie ici. Honnêtement, je trouve normale cette augmentation. …La jalousie est le propre des Togolais. C’est dommage que cette augmentation fasse mal à certaines personnes. On parle de chef de file de l’opposition, les gens sont jaloux. Même si on portait les indemnités à 2 000 000 FCFA, moi je serai ravi »Caisse noire de Robert Olympio
Comment un monsieur qui représente le peuple peut se permettre de débiter de telle chose au moment où beaucoup de fonctionnaires et d’autres togolais peinent difficilement à boucler leur fin du mois.
Robert Olympio veut il dire qu’ils seront pire gouvernant si un jour il parvenait à prendre les commandes de ce pays ?
Veut il nous faire comprendre que si demain leur parti arrivait au pouvoir c’est ceux qui dirigeront qui seront satisfaits en premier lieu ? Quand il accuse les togolais de jaloux, est il conscient qu’il est en train te se tirer des balles dans les pattes ? QUI EST JALOUX DE QUI ? Les togolais ne disent pas que les parlementaires gagnent trop mais les togolais demandent à ce qu’ils fassent aussi leur travail et plaident réellement pour la cause de la masse et non pour leur ventre. SI augmentation il doit y avoir ce n’est quand même pas chez les députés qu’elle doit s’opérer. Il y a des priorités. Et on ne vous apprends rien messieurs les parlementaires. Et puis il ose parler le caisse noire. C’EST QUOI CA ?  Hein ! la caisse noire du Ghana, ils la veulent ici ausssi au Togo ces députés.

 

Comment peut-il oser parler de la sorte, lui un député de l’opposition.  Décidément ils sont tous pareil dans les deux camps !

Dans ces conditions c’est normal  que le peuple soit déçu des agissements de cette classe politique. Et si vous de l’opposition vous n’avez plus la côte auprès du peuple, sachez que vous aurez été vous même à l’origine de vos déboires. Vous êtes aujourd’hui l’allié de la majorité au pouvoir. Vous faites désormais partie de cette MINORITE QUI BOUFFE.   Si ce n’est pas vrai vous auriez agit différemment lorsque vous avez vu vos indemnités doublées. C’est décevant, très décevant. On mérite quand même mieux